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« Chacun a lu des livres, et Meuriaux était suffisamment cultivé pour émettre l’hypothèse qu’il s’agissait d’une histoire d’amour. »
On a tout dit sur Dhôtel ; sa modernité absente, sa merveilleuse particularité au sein de la littérature française et la lumineuse simplicité de son écriture.
S’il reste ici l’écrivain de l’enchantement et des lisières que l’on connaît, ces onze récits permettent de (re)découvrir un Dhôtel nouvelliste hors pair, sans concession, instruit des choses de la vie, explorateur de l’âme et souvent aussi âpre qu’inattendu.
En inscrivant ses personnages aux marges de la société, en créant une géographie en constante voie d’effacement, se jouant du hasard pour son plaisir et le nôtre, Dhôtel échappe instinctivement à son temps et, les années passant, prouve à chaque lecture qu’il a atteint une forme d’universalité romantique.
André Dhôtel (1900-1991) : professeur de philosophie, romancier et poète, ami de Jean Paulhan, il est l’auteur de nombreux ouvrages dont « Le pays où l’on n’arrive jamais », prix Fémina 1955 . Il reçoit en 1974 le Grand prix de littérature de l’Académie française pour l’ensemble de son œuvre.
« Troquer l’espace pour le lieu, le temps pour l’instant. Nous sommes dans le ventre de l’été, englués dans une insupportable chaleur. »
« Je quittai l’appartement d’un pas incertain. Le gardien me demanda combien de temps je m’absentais. »
« — Il y a des endroits merveilleux où on crève de faim et de froid, dit Agathe. Tout est perdu, toujours, toujours, mais ce qui est magnifique c’est que je ne vais pas encore crever ni ce soir ni la semaine prochaine. »
On est dans les trente glorieuses, on est dans les Terres-Froides, dans des fermes isolées : une diaspora de cœurs perdus voit l’ancien monde achever sa dissolution et renaître en salariat, entrepreneuriat et zones pavillonnaires. Personne n’en sort indemne.
« Oui voilà. Je suis déjà une star, vous le savez bien, et je n’ai plus qu’à devenir une artiste. Ça ne doit pas être si difficile. Je serai exilée enfin pour de vrai et je pourrai brûler définitivement mes racines dans un autre pays. »
« Mon amour mon père un ami un amant. Quelqu’un veut me parler. Je cours. J’ai l’impression de ne faire que cela, guetter, courir ». Après un évènement tragique, dans une atmosphère post-apocalyptique, une femme tente de survivre.
“Il y a un bruit de la liberté. Le bruit des pommes de pin qui se déchirent et qui s’ouvrent brusquement, sous les branches, dans l’ombre merveilleuse et nous, sous le pin parasol, face à l’île de Capri, l’été à Ischia, sous le ciel bleu.” Pascal Quignard
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