« Une page arrachée d’un livre descend le courant. Les caractères scintillent. Écailles de l’écrivain ». Jean Messagier
“J’ai dessiné la roche creusée par un filet d’eau rectiligne. Elle ressemble à un crâne dépouillé de cheval mort. Le trait s’impatiente, la saison passe, l’eau se perd avant d’attendre la pointe.”
La normalité embue / elle se croit le seul univers vivable / je lui paie son écot
La lumière qui tombe doucement sur Trêlles mais en montant.
Après trois livres mêlant fiction et éléments de biographie, Frédérique Germanaud adopte ici, d’une façon assez inédite, une approche de l’écriture directe et sans fard.
La baraque sombre était un peu un ventre, une coque tendue avec un jardin buissonnant, une coque silencieuse, hormis les chants d'oiseaux. Elle me porterait, me nourrirait, me protégerait. Un jour je renaîtrais.
Affût discret, écoute silencieuse, accompagnement du guide qui connaît les pas, observation, fulgurance poétique et évocation animalière, jusqu’à fouiller la matérialité de la Nature elle-même.
« Cette rencontre est pour moi, comme une collision. La force de cet instant est proprement indescriptible. Ce morceau de pays, mon pays, celui que je connais, arraché à sa terre par la puissance de la peinture, transposé là, à des milliers de kilomètres, est l’un des plus grands chocs de toute mon existence. »
Je viens pour visiter, pour voir, pour arpenter le territoire, pour me laisser surprendre, pour rendre possible les rencontres imprévues, pour écrire aussi : pour que mon écriture soit bousculée.
« Chaque fois que je parviens, en remontant peu à peu de l’extérieur vers ma solitude, à me délier des serments prêtés aux villes, aux femmes et aux spectacles, j’obtiens un coin de province dont le moindre signe me sauve de la détresse. »
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