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« Une page arrachée d’un livre descend le courant. Les caractères scintillent. Écailles de l’écrivain ». Jean Messagier
« La lumière changeante […] glisse sur les bruyères, les fougères et les œillets de mer, ricoche sur les rochers et l’échine des chevaux, s’enroule autour des maisons. Elle se révèle entre lueurs et éclats, contre-jour, sfumato et ombres portées. Résolument picturale, elle éclaire le pays comme si celui-ci voulait raconter des histoires. S’il fallait la définir ou la nommer, elle s’appellerait : il était une fois ».
Alexandre Rolla propose ici une promenade qui court le long des chemins de l’enfance et de l’adolescence, dans l’est de la France, pour rejoindre un hameau blotti à l’entrée du Val de Saire, en suivant les méandres du sentier littoral de la côte nord du Cotentin. Dans l’exploration poétique des territoires et dans les pas des peintres, il marche face à la lumière, en quête de la magie des lieux.
Alexandre Rolla est historien et critique d’art, poète, essayiste et commissaire d’expositions. Il enseigne à l’École Supérieure d’Arts et Médias de Caen/Cherbourg et à l’Université de Franche-Comté à Besançon. Son travail traite des relations qui se tissent entre les différentes formes d’écriture (poétique, littéraire, théorique ou plastique), à travers l’exploration des notions de paysage et de pays, de temps local et global.
« Cette rencontre est pour moi, comme une collision. La force de cet instant est proprement indescriptible. Ce morceau de pays, mon pays, celui que je connais, arraché à sa terre par la puissance de la peinture, transposé là, à des milliers de kilomètres, est l’un des plus grands chocs de toute mon existence. »
Affût discret, écoute silencieuse, accompagnement du guide qui connaît les pas, observation, fulgurance poétique et évocation animalière, jusqu’à fouiller la matérialité de la Nature elle-même.
Après trois livres mêlant fiction et éléments de biographie, Frédérique Germanaud adopte ici, d’une façon assez inédite, une approche de l’écriture directe et sans fard.
La normalité embue / elle se croit le seul univers vivable / je lui paie son écot
« Chaque fois que je parviens, en remontant peu à peu de l’extérieur vers ma solitude, à me délier des serments prêtés aux villes, aux femmes et aux spectacles, j’obtiens un coin de province dont le moindre signe me sauve de la détresse. »
“J’ai dessiné la roche creusée par un filet d’eau rectiligne. Elle ressemble à un crâne dépouillé de cheval mort. Le trait s’impatiente, la saison passe, l’eau se perd avant d’attendre la pointe.”
La baraque sombre était un peu un ventre, une coque tendue avec un jardin buissonnant, une coque silencieuse, hormis les chants d'oiseaux. Elle me porterait, me nourrirait, me protégerait. Un jour je renaîtrais.
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